lundi 22 avril 2019

Quatre alliés pour un printemps en toute sérénité


Nous arrivons bientôt au mois de Mai, le printemps s'installe doucement et nous donne à nouveau l'occasion de profiter de promenades dans la nature, des rayons de soleil qui réchauffent la peau... Mais aussi parfois, d'une émotivité exacerbée, de la peau qui craquèle et démange ainsi que d'une respiration ponctuée de toux et d'éternuements.

Le printemps représente avant tout, une phase importante de changements : dernière ligne droite avant le ralentissement estival, changement d'heure et jours qui rallongent, changement de météo, équinoxe de printemps... Si cette modification de rythme annonce le retour du soleil, des beaux jours et d'instants plus doux, la période printanière vient aussi bousculer nos habitudes de vie et nous oblige à ré-apprivoiser notre fonctionnement.

Ce vacillement dans nos repères vient mettre la sensibilité et le lâcher-prise à l'épreuve et si à cela viennent s'ajouter pollens, acariens et autres poussières, suscitant une trop grande mobilisation de nos défenses, on comprend mieux comment un état d'allergie saisonnière peut rapidement se transformer en une véritable révolte immunitaire !

Alors pour pouvoir mettre toutes les chances de son côté afin de s'assurer des soirées paisibles en terrasse et à défaut de tout de suite « faire ce qu'il nous plait », il est possible de comprendre d'où viennent vraiment ces désagréments et comment y faire face avec la naturopathie, afin d'aborder le printemps de manière sereine...

1. L'huile essentielle d'estragon


De son nom féerique « plante du dragon », l'estragon est une herbacée de la famille des Astéracées, originaire d'Asie Centrale. Son utilisation à des fins médicale est millénaire et il apparaît notamment dans la liste du « Capitulaire de Villis » , manuscrit législatif carolingien listant les plantes dont la culture était préconisée voire ordonnée dans les jardins du domaine royal à l'époque du règne de Charlemagne.

Sous la forme d'huile essentielle et dans ce contexte printanier, il aura deux biais d'utilisation principaux :

Point santé : En réaction à la présence d'un allergène, notre organisme va créer des cellules immunitaires dans le but de secréter une molécule dite de « signal » : l'histamine. C'est cette molécule qui, une fois en action, entrainera des réactions en chaîne : vasodilatation, inflammations, rejet du corps étranger...

Propriétés préventives 

Grâce à sa composition très forte en Methychavicols (composant chimique également appelé « estragol »), l'huile essentielle d'estragon possède des propriétés similaire à un anti-histaminique de type H1. C'est-à-dire que lors de leurs diffusions dans l'organisme, les méthychavicols vont mimer les effets de l'histamine afin d'en inhiber ses récepteurs. Ainsi, le fonctionnement de la réaction immunitaire ne sera pas perturbé (l'histamine sera sécrétée normalement si il y a contact avec le terrain allergène) mais ses récepteurs étant bloqués, elle ne pourra pas agir et la réaction allergique n'aura donc pas lieu.

L'intérêt d'une action préventive va être de préparer les récepteurs à ne pas accueillir l'histamine plutôt que de devoir lutter contre son installation. L'action sera donc bien moins violente pour le système immunitaire.

Propriétés actives

Si la prise de l'huile essentielle d'estragon intervient après le début de la crise allergique, les méthychavicols auront alors un effet anti-histaminique (H1) répressif. C'est-à-dire qu'ils viendront se substituer à l'histamine au sein des récepteurs. Dans cette situation, l'effet sera également légèrement sédatif, afin d'apaiser les réactions dues aux conséquences de la crise.

Dans le cadre d'une prise active, au cours d'une situation allergique déclarée, ce sont les monoterpènes contenus dans l'estragon qui seront bénéfiques à l'apaisement de l'organisme. En effet, ces molécules possèdent des propriétés oxygénantes, anti-inflammatoire et anti-spasmodiques, particulièrement utiles notamment dans le cas de quintes de toux ou de gênes respiratoires.

Dans les deux cas, l'estragon pourra être pris par voie orale ou cutanée.

Conseils d'utilisation :

Par voie orale, on recommande une goutte pure sur un sucre ou un comprimé neutre, matin et soir durant les 48h précédant ainsi que pendant la durée de l'exposition au terrain allergène (il faudra néanmoins faire attention à ne pas dépasser 5 jours d'utilisation consécutive) ou sur l'instant, lors de la survenue de la crise allergique.

Par voie cutanée, l'huile essentielle pourra être mélangée à une huile végétale et appliquée localement en massages sur le thorax et les sinus, de la même manière, matin et soir (idéalement pendant les repas) durant les 48h précédant ainsi que pendant la durée de l'exposition au terrain allergène (il faudra néanmoins faire attention à ne pas dépasser 5 jours d'utilisation consécutive) ou sur l'instant, lors de la survenue de la crise allergique.

Attention : l'HE d'estragon est fortement dermocaustique si elle est utilisée pure par voie cutanée, veillez donc à bien diluer votre huile essentielle dans une huile végétale neutre, au ratio de 2 gouttes d'HE pour 10 gouttes d'huile végétale, maximum. Également, l'application ne doit pas se faire sur une peau abîmée, irritée ou une plaie, même superficielle !

2. Le macérât huileux de calendula


Le calendula, connu également sous le nom de « souci » est une plante vivace de la famille des Astéracées provenant des abords de la région méditerranéenne.

D'un jaune d'or rappelant la couleur du curcuma ou du safran, il est depuis longtemps utilisé comme ces derniers à des fins de teintures, cosmétiques, textiles ou alimentaires. Au delà de ses vertus colorantes, c'est également un allié en naturopathie et notamment pour le bien-être de la peau.

En effet, il contient une forte concentration d'un triterpène (accumulation de 6 molécules) aux propriétés anti-oedémateuses et anti-inflammatoires, appelé fariadol. Ce composé sera particulièrement utile pour soutenir l'apaisement de la peau dans le contexte d'une réaction allergique vive.

Également riche en flavonoïdes, molécules anti-oxydantes, il aura une action cicatrisante et régénérante sur les tissus cutanés altérés (plaques de démangeaisons, coups de soleil...)

Utilisé sous sa forme de macérât, il se révèlera adoucissant et hydratant lors de l'application du fait de l'huile de tournesol habituellement utilisée en tant que base.

3. L'infusion de camomille romaine


Également herbacée de la famille des Astéracées, originaire des côtes Atlantique de l'Europe, la camomille romaine ne doit pas être confondue avec ses cousines : la camomille matricaire et la camomille sauvage. 

C'est pour son soutien dans le cadre de l'accompagnement émotionnel que j'apprécie le plus cette plante dans ce contexte annuel.

Elle possède une teneur allant de 82 à 90% d'esters et notamment d'angélate d'isobutyle et d'apigénine. Ce sont des molécules dont les propriétés sont anti-dépressives et anxiolytiques mais surtout, dont les effets sont perçu directement par le système nerveux permettant ainsi une action rapide et ciblée.

Sa consommation, pouvant être habituelle ou occasionnelle, idéalement le soir pour préparer le sommeil, permettra un retour au calme et favorisera une récupération émotionnelle plus efficace.

Enfin, sur le plan de la santé physique, la camomille romaine possède des vertus légèrement antalgiques (apaisement de la douleur) et anti-spasmodiques (apaisement des contractions musculaires). La prise sous forme de tisane, combinant les propriétés de la fleur et l'action de la chaleur, sera donc idéale pour agir sur la toux ou les maux de gorge. 


Conseils d'utilisation

- L'eau ne doit pas être utilisée bouillante, au risque de brûler la plante. Préférez une eau frémissante ou à 90°C maximum.
- Si les fleurs de camomille romaine sont infusées plus de 5/7 minutes, leur goût deviendra particulièrement amer.
- Pour pousser les bienfaits de votre infusion encore plus loin, vous pouvez la sucrer en utilisant un miel de tilleul (anti-inflammatoire) ou de lavande (cicatrisant et antitussif) 

Le sachiez-tu ?

La camomille, utilisée sous forme de fleurs séchées, d'huile essentielle ou d'hydrolat, peut apparaître d'une couleur bleutée : c'est normal ! Il s'agit d'une molécule, le chamazulène, qui donne cette teinte toute particulière aux plantes qui en contiennent. 


4. L'hydrolat de lavande fine



La lavande est un arbrisseau de la famille des lamiacées, généralement originaire de France (Provence) ou d'Espagne. Dans la réalisation de l'hydrolat de lavande, ce sont les sommités fleuries qui sont utilisées pour la distillation. 

Doux, très rafraichissant et légèrement anti-inflammatoire, cet hydrolat pourra être utilisé en compresse pour apaiser le feu des réactions cutanées allergiques ou des brûlures superficielles telles les coups de soleil, par exemple. 

Mais ce sont surtout ses effets sur la sphère émotionnelle que j'aborderai dans cet article : l'hydrolat de lavande fine contient du linalol, une molécule aux propriétés intéressantes car elle vient communiquer directement avec le cortex cérébral et plus précisément avec l'hypophyse et le système nerveux, véhiculant des effets calmants. 

Sa consommation aura donc des bienfaits sur l'apaisement de la nervosité, de l'anxiété et de l'agitation mentale. De plus, cet hydrolat, légèrement antalgique, contribuera à la réduction des migraines.

Conseils d'utilisation :

- En cure de 30 jours, à raison d'une cuillère à soupe par jour, pur et pendant les repas.
- En cure saisonnière, à raison de deux cuillères à soupe diluées dans 1L d'eau pour accompagner toute la journée.
- En glaçons, pour rafraichir et vivifier les boissons.
- Pour aromatiser les salades de fruits.
...

Attention, les hydrolats doivent être conservés au frais voire au réfrigérateur pour garantir leur conservation et celle de leurs actifs.

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un doux Printemps !


Aucun commentaire: