mercredi 12 avril 2017

La légende Grecque du cycle des saisons..

Enlèvement de Perséphone par Pluton, Pierre Brébiette, 17ème siècle.
«           Il fut un temps où Déméter, Déesse de la nature, chérissait sa fille unique : Perséphone. On parlait alors d'une douce enfant, belle comme un bouton de rose sur le point d'éclore, éclatante comme les couleurs de milliers de fleurs, d'une bonté sans fin mais surtout aimante, envers sa mère et envers la terre. Quand vint l'adolescence de la jeune fille, elle devint plus proche que jamais de sa chère mère, celles-ci passaient des heures à flâner dans les prairies, Perséphone écoutait avec attention les enseignements de sa maman, apprenait le respect pour chaque être vivant peuplant notre petite planète. Cet amour et cette complicité rendaient les terres plus fortes et abondantes


           Mais de son royaume, Hadès, souverain des morts avait remarqué la beauté et la fraicheur de Perséphone et espérait secrètement devenir un jour son époux. C'est lors d'un des nombreux voyages de Déméter, qu'il mit son stratagème à exécution : il fit fleurir des nappes entières de narcisses et alors que Perséphone profitait d'une belle journée pour flâner dans la campagne ensoleillée, elle voulut cueillir une superbe fleur aux reflets d'or. Lorsqu'elle se pencha pour ramasser la tige, le sol s'ouvrit et la jeune fille fut emportée dans les profondeurs de la terre.

           Prisonnière de ce lieu terrible, peuplé de monstres et d'ombres, à l'air irrespirable, saturé de cris de souffrance et de silences, elle fut alors prise d'une crise de larmes incontrôlable, que seul Hadès lui-même parvint à calmer. Il raconta à l'enfant que sa venue n'était que temporaire, qu'elle retrouverait bientôt la brise du printemps et ses amies, à la surface. Mais qu'en attendant, elle pouvait profiter de cette visite pour partager avec lui, un véritable festin. Dévoilant un buffet alléchant aux multiples mets, Perséphone n'allouait néanmoins aucune confiance à cet être sordide qu'était Hadès et déclina l'invitation. Il décida de la laisser seule quelques temps et s'en alla. Le plan du Dieu des enfers prit tout son sens lorsque, forte de trop de tentations, la jeune fille picora un grain de grenade, le plus rouge et juteux du plateau. Les murs de la pièce s'effondrèrent alors et Hadès revint en ricanant, plus mesquin qu'il n'avait jamais eu l'air, car en effet, boire ou manger quoi que ce soit dans les enfers était un gage d'appartenance à celles-ci, à jamais. Perséphone était devenue la prisonnière du monde des morts.

         Lorsque Déméter revint et ne trouva pas son enfant, elle fut si triste et pleine colère qu'elle refusa de faire germer les graines, vivre les arbres et briller le soleil. Plus rien ne pousserait, la terre ne serait plus qu'hostilité, les hommes et les animaux mourraient de faim, qu'importe puisque la mère avait perdu le seul vrai amour de sa vie : sa fille.

          Vint le jour où la Déesse apprit le nom du ravisseur de Perséphone et décida, avec le soutient de Zeus, d'exiger la délivrance de sa fille. Malheureusement celle-ci avait goûté aux fruits et ne pouvait donc quitter les enfers définitivement. Il fallu donc que la jeune enfant promette de revenir régulièrement rejoindre le royaume des enfers, pour qu'Hades accepte de la laisser revoir sa mère.

           Lorsque les deux femmes furent réunies, Déméter laissa éclater sa joie, les champs reverdirent, les fleurs recouvrirent à nouveau les arbres et les récoltes abondaient à nouveau. Mais Perséphone ne pouvait rester plus de quatre mois auprès de cette mère aimante et généreuse, et la séparation qui s'ensuivit fut un nouveau déchirement pour la déesse de la Nature, qui laissa une fois encore la terre dépérir, ne supportant pas de voir la mort s'emparer ainsi de son enfant. 

        Ainsi la terre, les hommes et les animaux s'habituèrent aux rythme des allées et venues de Perséphone. A chaque printemps, lorsque Déméter retrouvait sa fille, la nature reprenait vie,  jusqu'à son départ au début de l'automne, où la déesse cessait de prendre soin de ce qui l'entourait, attendant alors le retour prochain de son enfant aimée...  »



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