mardi 13 octobre 2015

Légendes urbaines : Mythe de toutes parts ou part de réalité ?

« Légende urbaine » est une traduction de l'anglais « urban legend » qui lui même vient de l'expression « urban folklore » , donnée aux récits se rapprochant du mythe, transmis le plus souvent par le bouche à oreille. Ce terme sera donné à ces histoires dés la seconde moitié du 20ème siècle afin d'illustrer leur caractéristique contemporaine, qui traitent de sujets modernes mais ayant trait à un certain folklore car exprimant le plus souvent des peurs et de mauvaises interprétations de faits historiques avérés.

Par définition, la légende urbaine prend la forme d'un bref conte  raconté à la forme narrative. Des témoignages y figurent le plus souvent, afin de mettre en place un procédé d'authentification du récit et lorsque nous étudions de manière plus approfondie les textes, nous pouvons y découvrir une interprétation de la société et du monde dans lequel nous vivons ainsi que de ses aspects les plus sombres.

Ces légendes ont été utilisé au cours du temps de différentes manières : histoires "éducatives" destinées à mettre en garde les jeunes adultes sur les dangers du monde, anecdotes voire désinformation circulant dans les médias dans certains cas.

Les thèmes abordés sont vastes et nombreux, ils peuvent aller de la théorie du complot jusqu'aux maladie et expériences scientifiques en passant par la violence, la technologie, les animaux, les sciences occultes et parmi celles-ci, la vie sur d'autres planètes, les morts-vivants et les fantômes..

C'est sur ce point que nous allons nous attarder dans le cadre du chapitre « Esprit es-tu là ? » , nous allons revenir sur quatre légendes, quatre figures féminines fantomatiques, de la plus connue à la moins évoquée, qui en ont inspiré et effrayé plus d'un...



1. La dame blanche

Cette légende urbaine, sûrement une des plus vieille qu'il existe, tire son origine du mythe celtique de la "Banshee", cette magicienne, messagère de l'autre monde qui apparaît aux vivants pour signifier l'approche de leur mort. En effet, dés les années 1800, la dame blanche est considérée, à l'image de la fée Mélusine, comme le spectre que l'on voit se promener aux abords des château, annonçant la mort d'un prince y résidant, d'une comtesse en escale pour quelques temps.. L'histoire originelle voudrait que suite au décès (environ 10 jours après la première vision), la dame s'installe dans les lieux afin de les hanter éternellement.. 

Les versions plus modernes de cette légende placent la dame blanche sur le bord d'une route, tantôt protectrice tantôt bourreau des automobilistes. Une silhouette blanche et vaporeuse apparaîtrait sur le bas côté et annoncerait un accident proche. Certains disent que la jeune femme est une auto-stoppeuse qui une fois à bord du véhicule attend le prochain virage pour pousser un cri strident et disparaître, obligeant le conducteur à faire preuve d'une attention et d'un contrôle sans faille si il veut survivre. D'autres l'envisagent comme une future mariée dont elle et le fiancé sont morts dans un accident et qui revient chaque soir venger son bien-aimé des mauvais conducteurs. 

Cette histoire, l'une des légendes contemporaines les plus connues, est ce que l'on pourrait considérer comme une une réinterprétation et un mélange de la Banshee, de la fée allemande Mélusine et d'un peu de prévention routière dont les premiers spots chocs sont apparus véritablement à la fin des années 1980...


2. Bloody Mary 

* 12 cl de jus de tomate
* 4 cl de vodka
* 0,5 cl de jus de citron
* 0,5 cl de sauce worcestershire
* 2 gouttes de tabasco
* sel de céleri
* poivre

(silence...)

Donc, Bloody Mary est une légende appartenant au folklore occidental mais qui trouve son équivalent en Asie avec Hanaka-san, l'esprit japonais appelé également « le fantôme des toilettes » . En ce qui concerne cette dernière, l'histoire veut qu'une cruelle petite fille morte hante le troisième toilette du troisième étage de chaque école au Japon. Il est déconseillé aux enfants de l'invoquer, ce qui aurait pour effet de déchaîner sa colère. Pour rester dans ses bonnes grâces, il suffit de frapper à la porte et écouter la réponse avant d'entrer. Une autre partie de la légende laisserait entendre que pour conjurer le fantôme, il faudrait avoir de bonnes notes.. Nous nous rapprochons ici plus de ce que l'on pourrait appeler "conte éducatif" qui viserait à effrayer les enfants afin qu'ils adoptent un comportement scolaire et civil exemplaire.

En occident, Bloody Mary trouve son essence dans de nombreuses explications : mère infanticide, femme morte en couche, mère suicidée après avoir perdu son enfant.. La plus courante et la plus poussée est néanmoins celle de Mary, fille du docteur Mumford. Dans les années 1800, cette enfant contracte la diphtérie, maladie des plus contagieuses et mortelles à l'époque. De plus en plus souffrante et quasi dans le coma, le père de la fillette décide de l'enterrer mais lui accroche au poignet, à la demande de sa mère inquiète, une cloche. Au lendemain matin, lorsque le docteur sort dans le jardin, il voit la cloche gisant au sol, s'empressant d'ouvrir le cercueil, il découvre alors le cadavre de Mary, les mains et le visage recouvert de sang à force de l'avoir gratté, essayant en vain d'en sortir.

Cette légende sert depuis assez couramment de bizutage dans les universités, on teste les plus braves en leur demandant d'accomplir le « rituel » d'invocation, face à un miroir de salle de bain, deux bougies allumées... En mentionnant son nom un nombre de fois clé, elle apparaîtrait alors avec un visage terrifiant dans le miroir et emporterai la personne de l'autre côté.


3. La sorcière de Blair

Avant qu'Eduardo Sanchez et Daniel Myrrick n'en fasse un film, « blair witch » et la forêt de Black Hills ont accumulé de nombreuses légendes. En 1769, Ellie Kedward, une jeune femme irlandaise est accusée de voler le sang de ses voisins afin de se vouer à des rituel de sorcellerie noire. Bannie du village et condamnée à mort, elle est attachée à un arbre et emmenée dans la forêt où elle passera l'hiver, l'un des plus rude que la contrée ait connu, les villageois sont ainsi persuadés qu'elle ne survivra pas. Plusieurs jours plus tard, la femme s'avère toujours vivante, désormais persudés de son implication dans une quelconque forme de magie malfaisante, les habitants décideront de l'écorcher vive sur le champ. Or depuis ce jour et jusqu'en Novembre 1786, tous les accusateurs ainsi que leurs familles se mirent à disparaître les uns après les autres, laissant croire à une malédiction, lancé par l'esprit frappeur d'Ellie... Alors que les derniers habitants décident de quitter le village pour se préserver, les drames ne s'arrêtent pas là ..

En 1820, le village abandonné sera réhabilité, transformé en ville et rebaptisé Burkittstown. Entre 1825 et 1880, plusieurs enfants disparurent mystérieusement avant de revenir plusieurs jours plus tard, affirmant avoir vu une main blanche sortir de l'étang, une femme dont les pieds ne touchait plus le sol ou encore affirmant -traumatisés- avoir trouvé des cadavres, ligotés, meurtris et disposés de sorte qu'ils forment un pentagramme. 

Par la suite, plus d'un siècle plus tard. C'est Rustin Parr qui créa un nouveau drame dans l'ancienne forêt de Black Hills, lorsque l'on retrouva les cadavres de 7 enfants, torturés puis entassés dans la cave de sa maison. L'homme, avoua avoir suivi les instructions d'une vieille femme vivant dans une maison au beau milieu de la forêt. La maison existait bel et bien, mais ne comportait aucune trace de vie récente..

Nous sommes là bien loin de la légende urbaine qui fait de cette forêt un lieu hanté et meurtrier où quiconque s'y aventurera, ne ressortira jamais. Il s'agit d'une véritable accumulation d'événements, expliqués par l'hypothétique présence de l'esprit d'une sorcière, morte il y a de ça presque trois siècles..


4. Émilie Sagée

Ce nom ne vous dit peut-être rien mais les fans d'une fameuse série avec deux frères vampires connaîtront sans doute le mot "doppelganger", terme allemand qui veut dire "double fantomatique" ou "double marcheur". Ce phénomène - ésotérique ou simplement psychique - a été rapporté plusieurs fois au cours de l'Histoire. L'écrivain Guy de Maupassant, par exemple, se disait possédé régulièrement par son propre double.

Émilie Sagée elle, était en 1845, institutrice dans un pensionnant de jeune filles. Elle avait alors à peine une trentaine d'années et était passionnée par l'enseignement. La légende qui repose sur cette femme veut qu'un jour, alors qu'elle était tournée vers le tableau noir et écrivait dessus avec une craie, ses élèves virent une seconde Émilie se dédoubler de la première et agir de manière indépendante. Depuis ce jour, de façon régulière la jeune femme sortirai de son corps et l'on pourrait ainsi observer deux personnes : l'une joyeuse et dynamique et l'autre, figée et silencieuse. L'on raconte que plus le temps passait et moins la seconde Émilie était contrôlable, elle apparaissait plus que de raison, et prenait même le dessus sur la première. 

La piste de l'hallucination collective a été envisagé mais à ce jour, cette légende reste le premier "vrai" témoignage de dédoublement fantomatique.